REVOLVER


 

 

 

 

Un jour, Ambroise a regardé Jérémie improviser au violoncelle, et sa vie a changé. Un jour, Jérémie a découvert la pop music, et sa vie a changé. Un jour, Christophe a écouté du baroque et sa vie a changé. Un jour, Ambroise, Christophe et Jérémie ont décidé de s’associer. Revolver était né. Haut les mains ! La référence, puisque référence il y a dans ce nom, est lumineuse : The Beatles. Un poster dans une chambre d’adolescent, comme une évidence un jour de 2006. Avec le temps, et l’âge, étaient déjà venus d’autres noms : Elliott Smith, Leonard Cohen, Neil Young, Elvis, le Velvet, Bob Dylan, The Kinks ou encore Giant Sand. Une liste parfaite, établie par Ambroise et Christophe et qui servit de base à l’éducation pop de Jérémie, invité à transformer le duo originel en trio pas comme les autres.

Jérémie. Un drôle celui-là. Nourri au classique à l’exception de toute autre musique jusqu’à ses dix huit ans. Dix ans de chant à la maîtrise de Notre-Dame de Paris, et du violoncelle pour parfaire le tout. Mais quel violoncelle. Intense, furieux, possédé. C’est bien simple, ce jour où Ambroise l’a vu improviser sur du Haydn, il avait cru voir Jimi Hendrix sur scène. Ambroise. La voix de Revolver, des années de maîtrise à Notre-Dame lui aussi, suivi d’une pause, puis d’un retour, conscient que ses racines musicales s’y trouvaient tout autant que sur les rives de la Mersey à Liverpool ou dans le stuc de Graceland à Memphis. Entre temps, Christophe lui avait appris la guitare. Ambroise ou l’art du lien et de la parole. Du pont entre deux cultures. Celle de Jérémie, l’enfant sauvage de la pop music, et Christophe, le fondu d’Elliott Smith qui ne renie pas pour autant ses années Goldman. Christophe, l’autre voix de Revolver. L’homme des paroles également, avec Ambroise, l’ami d’enfance. S’il n’était pas musicien, il serait cinéaste. Christophe a toujours aimé raconter des histoires. Christophe, le plus rocker des trois, touché un jour par la grâce de Purcell, compositeur britannique (1659-1695). L’autre socle commun des garçons. Celui qui inspira le nom de l’album : « Music for a while ». Musique pour un moment de grâce fugace, musique pop et musique de chambre, musique pop qui éclot ce printemps.

Ce premier album d’une maturité renversante, mélancolique et rêveur, ils en ont confié la réalisation à Julien Delfaud avec l’idée de battre en brèche toute tendance à la nostalgie facile, parce qu’il est question d’aujourd’hui et non d’hier. Parce que le contraste est essentiel dans la musique de Revolver, dans ce jeu entre l’intime et le public, entre la douceur des atmosphères et la rugosité des sentiments qui se dévoilent tout au long du disque. Parce que la légèreté, à leurs yeux, n’a de sens qu’avec de la profondeur, de l’audace. Alors écoutez ces voix qui se répondent, ces harmonies célestes qui se déploient, ces lignes mélodiques et ces cordes qui s’entrelacent. Ecoutez, et laissez-vous toucher au coeur par Revolver.

Le Vendredi 9 Avril 2010
Première partie : OKOU
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