LE112.2 - La Maison

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LE112.2 - La Maison

Sous l’impulsion de Patrick Luxembourger, Président de la SCIC LE112, le Châtillon, la maison située dans le parc Châtillon à Terville au 2 rue Haute a été rénovée pour en faire LE112.2-LA MAISON.

Ce lieu héberge désormais les locaux de la SCIC LE112 (rez-de-chaussée, environ 170 m²) qui gère l’organisation de concerts mais aussi de cours de musique prodigués par Patrick Hannak, Mathieu Baué, Michel Roth puis d’autres enseignants (guitare acoustique, guitare électrique, harmonica, batterie, ukulélé, basse, cajon ….).

L’entrée se fait dans un couloir aux murs et moulures peints en noir. Une grande salle de travail, de réunion ou de partage a été aménagée. 4 salles de cours seront à la disposition des élèves. Les plafonds hauts et le parquet ancien de cette ancienne maison bourgeoise donnent du cachet à l’ensemble.

Un mode différent d’instruction des musiques actuelles sera proposé. L’apprentissage oral et visuel des instruments sera largement accessible et ouvert à tous car le solfège ne sera pas imposé.

Le public du 112 le souhaitait depuis longtemps : ces locaux leur permettront d’accéder en amont à la billetterie du 112.

Historique de la maison Châtillon

La famille Châtillon et Terville

De 1835 à 1952, les générations Châtillon se sont succédé à Terville, chacune apportant sa pierre à l’édifice communal, notamment en participant à la construction de l’Eglise Saint Sébastien ou à la création du parc Châtillon. Les derniers Châtillon, Henry Léopold et Jeanne Marie, résidaient à Terville au « Château » jusqu’en 1952, année de la disparition d’Henry Léopold. Celui-ci est d’ailleurs inhumé au cimetière de Terville. La présence continue de la famille à Terville s’est arrêtée là, les descendants – trois garçons– ont quitté la commune dans le cadre de leurs carrières. En ce dimanche des Ecclésiales, Léopold Châtillon, fils de Pierre, petit fils d’Henry Léopold, a été accueilli à Terville avec sa famille par Patrick Luxembourger, Nadia et Paul Chablin (décédés depuis), Michel Persin, historien thionvillois qui a réalisé de nombreuses recherches historiques sur la famille et a présenté un exposé très abouti ce jour là, et Lucien Léonard du Conseil de Fabrique mais aussi petit fils de la première dame de compagnie de Mme Châtillon. Le père de Lucien Léonard, premier adjoint du Maire de Terville de l’époque, exploitait les terres Châtillon et de ce fait, bénéficiait de l’usage des granges et greniers, des dépendances de la ferme attenante au Château. On le voit, ces deux familles étaient particulièrement liées et Lucien Léonard n’a eu de cesse « d’exhumer cette famille de l’oubli en rapportant ses faits et bienfaits ».
C’est Léopold Châtillon qui a procédé à la vente du domaine à la municipalité de Terville, quelques mois après le décès de son père Pierre (le 16 mai 1981). Il a relaté cet épisode avec beaucoup d’émotion devant les Tervillois. Nous avons retranscrit son intervention intégralement dans cet article.

Le « Château »

La maison bourgeoise de la rue Haute que l’on appelle le « Château », ses dépendances et son parc, ont une origine très ancienne, probablement établie au 16ème siècle. Il s’agit, à l’origine, d’une ferme lorraine appartenant successivement à plusieurs familles. C’est Antoine Auguste Châtillon en 1856 qui la fera évoluer vers la maison bourgeoise que l’on connaît aujourd’hui.

La Famille Châtillon et l’église de Terville

Lors de l’agrandissement de la vieille église, à partir de 1860, la famille Châtillon s’engage à mettre à disposition une grande pièce du château pour célébrer le saint office. En 1861, elle réunit sa famille, ses amis et la noblesse environnante pour pourvoir l’achat de trois nouvelles cloches. Elle offre sur ses deniers les travaux d’embellissement du chœur, les peintures et les vitraux. A la construction de la nouvelle église en 1935, la famille Châtillon donne le terrain et le passage qui relie la rue Haute à l’église pour permettre aux religieuses de se rendre facilement au lieu de culte. A titre de reconnaissance, la famille se verra réserver le premier banc du côté des hommes.

Les Bienfaiteurs

Dans son exposé, Michel Persin a souligné le rôle majeur des « femmes et épouses de la famille Châtillon, éléments moteurs des événements ». Elles ont en effet veillé à privilégier les domaines social, éducatif et de la santé.
L’école des filles en 1868
La famille Châtillon a versé chaque année à la commune une somme de 200 francs or pour contribuer au traitement de l’institutrice. Une école de garçons fonctionnait dans l’ancienne mairie et la famille Châtillon souhaitait donner une éducation sans faille aux jeunes filles.
Le Stade Henry Châtillon
Le stade a été réalisé par Pierre Doppelmann, premier Président du Cercle Sporting de Terville, en 1950 et le terrain a été mis à disposition par Henry Châtillon. C’était un véritable engagement pour la jeunesse tervilloise privée alors d’un tel équipement.
Le dispensaire-infirmerie
En 1909, sous l’instigation de l’abbé Jean Dap, et de Jeanne Gillard, épouse d’Henry Châtillon, s’est créée une société qui a pourvu au traitement d’une Sœur infirmière, qui était chargée de la visite des malades à domicile.

La vente de la maison à la municipalité

Par acte de vente notarié en date du 23 octobre 1981, la Ville de Terville a acquis la propriété et son espace vert proposés par Léopold Châtillon.


Discours de Léopold Châtillon à l’issue de l’exposé sur sa famille réalisé par Michel Persin, historien thionvillois.

M. Châtillon et sa famille ont été accueillis par Patrick Luxembourger lors des Ecclésiales de Terville en octobre 2011 à l’église Saint Sébastien.

« Bonjour à tous. C’est avec beaucoup d’émotion que je me trouve aujourd’hui devant vous et je souhaiterais avant toute chose vous remercier de m’avoir invité et honoré la mémoire de ma famille.
Je voudrais tout d’abord saluer M. Luxembourger qui m’accueille dans sa ville ainsi que l’ensemble des services municipaux qui a accepté d’ouvrir pour moi ce matin la porte de la maison de la rue Haute.
Je voudrais également exprimer ma gratitude à M. Persin qui vient de parler, pour tous ses travaux de recherche historique sur ma famille et remercier bien vivement, évidemment, M. Chablin.
Enfin comment ne pas témoigner de mon attachement à M. Lucien Léonard qui, dans la famille, a tant fait pour mes grands-parents ?
Il y a 30 ans, presque jour pour jour, ma mère et moi refermions pour la dernière fois la porte de notre maison rue Haute, mettant ainsi fin à la présence de ma famille depuis tant d’années, comme vous l’avez rappelé M. Persin. Cette tristesse venait s’ajouter à la douleur du décès de mon père quatre mois plus tôt.
Il s’agissait pour moi de tirer un trait définitif sur un endroit où j’ai vécu les moments les plus heureux de mon enfance. En effet, nous passions chaque été le mois de juillet à Terville où mon père prenait invariablement ses congés. Il n’y avait à l’époque pas d’autoroute entre Paris, où nous résidions, et Terville. Il nous fallait donc plus de 5 heures, autant dire une éternité pour le petit garçon que j’étais, pour arriver en train. Terville, c’était d’abord pour moi le carillon de l’église qui rythme les quarts d’heure au clocher. Et puis c’était la joie de retrouver tous mes camarades de jeu que je désignais, comme le veut la curieuse coutume locale, en ajoutant « le » à leur prénom. Mes amis, c’était donc « le » Denis, « le » Gérard ou encore « le » Daniel et bien d’autres. Avec eux, je n’ai pas compté les kilomètres parcourus à bicyclette que je faisais réparer à l’occasion chez M. Ouder, un peu plus loin dans la rue Haute. Il ne se passait pas une semaine sans que je n’accompagne ma mère faire les courses aux Nouvelles Galeries de Thionville, aujourd’hui disparues, et qui étaient situées à l’époque, si ma mémoire est bonne, Place de la République.
Mon père, ingénieur, ne manquait jamais une occasion de m’emmener vers les nouvelles écluses de Koenigsmacker ou encore visiter les usines de la Sollac où il retrouvait la compagnie d’autres ingénieurs. Mes parents et moi prenions aussi souvent la route d’Uckange afin de rendre visite à nos cousins. C’est en leur compagnie que nous allions jouer tous ensemble le long de la Moselle. D’ailleurs, une de mes cousines devait m’intéresser tout particulièrement puisqu’elle allait devenir ma femme quelques années plus tard. Le soir, je m’endormais toujours en entendant au loin le bruissement rassurant des hauts fourneaux d’Hayange et d’Hagondange. Durant toutes ces années, j’ai côtoyé des familles dont les noms se sont hélas éloignés de ma mémoire aujourd’hui. Pour autant, il ne me semble pas avoir conservé le moindre accent lorrain, sauf peut-être quand mes enfants plaisantent quand ils m’entendent dire que nous allons « déjeuner » et que j’appuie trop fort sur cette syllabe pour les oreilles parisiennes.
Aujourd’hui, je n’ai plus si souvent l’occasion de me rendre à Terville. Sinon, celle de venir me recueillir sur la tombe de mes parents. Pourtant, même si j’ai toujours vécu et travaillé à Paris, je ne me suis jamais, jamais, sachez-le, senti aussi lorrain et tervillois qu’aujourd’hui. Quand on me demande d’où je viens, ma réponse, invariable, est : je suis Lorrain, puis je précise que je suis de Terville, une commune proche de Thionville. Et d’ailleurs, cela me procure très souvent l’occasion de donner un petit cours de géographie à mes interlocuteurs ébahis. Cet attachement à la Lorraine trouve sans doute sa source dans la mémoire de ces vacances heureuses qui m’ont tant fait aimer Terville. C’est aussi, et peut-être surtout, parce que l’on ne peut pas oublier d’où l’on vient et toujours, plus particulièrement à l’époque tant troublée que nous traversons, toujours parce qu’il faut se souvenir de ses racines.
Merci à tous au nom de ma famille, du fond du cœur. »